Les puits du Mesnil
LES PUITS
AU MESNIL
Depuis la création du Mesnil et jusqu'en 1958, l'eau a toujours été précieuse et recherchée. Les premiers points d'eau ont été les puits. A quelle époque ont-ils été creusés ? Quelle technique avaient nos ancêtres pour remonter la craie et pour approfondir le puits lorsqu'ils atteignaient la nappe phréatique ? Les pompes n'existaient pas et la profondeur varie entre 35 et 40 mètres. Aucun écrit ne nous relate comment ce travail s'effectuait. Pour le puits situé rue Ferrée, face à la mairie, la transmission orale nous dit que le puisatier submergé par un tel flot d'eau dut laisser son matériel au fond du puits. Celui-ci n'a jamais tari et les essais de pompage effectués en 1976, année de grande sécheresse, confirment ce fait. Il est dit aussi que suite à cet événement le puits situé vers l'ancienne église n'avait plus d'eau.
L'emplacement des puits connus, répertoriés sur le plan, ne figurait pas sur l'original de 1769 ; ils y ont été implantés par nos soins. 18 ont été recensés. Ils sont bien répartis dans la surface habitée comprenant de 60 à 100 feux. Pourquoi tant de puits ? Vraisemblablement, beaucoup d'entre eux donnaient très peu d'eau. Nous avons encore le souvenir d'en voir tarir certains au cours des étés secs.
Depuis l’arrivée d’eau au Mesnil en 1958, aucun puits n'est plus en service.
Dans les siècles passés ont utilisait pour puiser l'eau la corde d'écorce de tilleul imputrescible à l'eau. Celle-ci s'enroulait autour d'un cylindre de 1 mètre de circonférence, mû par une manivelle à chaque extrémité. Le seau d'une contenance de 10 litres avait la forme d'un tonneau. Avec l'apparition du câble un autre système a vu le jour. Le câble s'enroulait et se déroulait en même temps sur le cylindre, de ce fait l'un des seaux montait tandis que l'autre descendait. On passa alors à 35 tours de manivelle (au lieu de 70) pour puiser 10 litres d'eau.
Le puits sis dans l'enceinte du monastère des Sœurs, 19 rue de la Goguette, est certainement l'un des derniers puits creusé puisque l'ensemble de cette ferme a été édifié en 1845. Dans les décennies qui ont suivi, la tuile ayant remplacé le chaume, des citernes ont été creusées pour recueillir les eaux de pluies ; 37 ont été répertoriées au village. Depuis la création du réseau d’eau, certaines citernes servent de bacs pour recueillir les eaux des fosses septiques. D’autres ont été percés et servent de puisards pour les eaux usées.
Les salles de bain et les w.c, ont été construits au village qu’avec l’arrivée de l’eau sous pression.
Situation des anciens puits connus.
Communal : situé sur le domaine public en bordure de rue, accessible à tous.
Privé : appartenant à l'habitant
N°01 - 31 grande rue - Communal - Couvert
N°02 - 16 grande rue - Communal - Couvert
N°03 - 12 grande rue - Communal - Couvert
N°04 - 23 grande rue - Privé - Comblé
N°05 - 25 grande rue - Privé - Comblé
N°06 - 07 grande rue - Privé - Couvert
N°07 - 02 grande rue - Privé - Comblé
N°08 - Bûchettes - Privé - Comblé
N°09 - Rue Ferrée - Communal - Couvert
N°10 - 9 rue ferrée - Communal - Couvert
N°11 - 13 rue ferrée - Communal - Comblé
N°12 - Salle Polyvalente - Communal - Couvert
N°13 - 4 place du Terreau - Privé - Comblé
N°14 - 2 place du Terreau - Privé - Comblé
N°15 - 8 rue de la Goguette - Communal -Couvert
N°16 - rue de la Goguette - Privé - Couvert
N°17 - rue de la Goguette - Privé - Couvert
N°18* Vers l’ancienne église* - Communal - Comblé
*Existait encore en 1833 / des travaux ont été fait sur ce puit.
En 1950 deux puits étaient comblés.
Le n°18 (voir plan) près de l’ancienne église aux dires des anciens ce puit était à sec depuis le creusement du puits n°12
Lors de la construction de la nouvelle église, il n’est pas dit que ce puits était employé comme point d’eau mais que les maçons allaient chercher de l’eau aux mares.
Il fut remblayé certainement avec les démolitions de l’ancienne église.
Le puits n°11 n’est pas une certitude, il aurait été remblayé par la construction de la maison du 13 rue ferrée.
Des anciens disent que dans ce puits il y avait beaucoup d’objets de valeurs qui avaient été jetés lors des guerres et invasions et que celui qui recreuserait n’aurait par la suite plus besoin de travailler.
Le puits n°7 était privé et appartenait à la ferme de Mr Boudin Maurice.
Il avait fait installer une chaîne à godets pour remonter l’eau. Par la suite, l’installation fut électrifiée et un moteur remplaça la manivelle. Ce fut le seul point d’eau équipé du Mesnil (vers 1950).
Deux puits étaient réputés ne pas tarir :
Le n°12, ou des essais de pompages en 1976 (années très sèche) avaient été effectués pour le raccorder au réseau d’eau donnaient 200 m3 par jour sans que le niveau d’eau du puits baisse.
Le n°14, était un puits privé ; le débit n’a jamais été testé ; il a été comblé vers 1980
Il arrivait de tant à autres qu’un câble casse et le seau se retrouvait au fond du puits. Pour récupérer le matériel, on utilisait « les cremiots ». C’était des crochets de fer soudés entre eux, que l’on descendait au fond du puits avec une corde. Les crochets raclant le fond du puits, ils accrochent le câble ou le seau (parfois cette opération durait très longtemps) en sentant une résistance, on remontait le tout en priant le ciel que tout ne redescende pas avant d’arriver à la margelle (rebord du puits).
Mesnil-Saint -Loup





