MESNIL-SAINT-LOUP (LE)

 

Canton de Marcilly-le-Ha­yer. - Au territoire : le Cloître, le Cortin d'Riole, la Haute-Borne, les Hôpiatux, Opterre. - Cadastre de 1831.

 

Antiquités et origines. - On a trouvé au finage quelques monnaies gauloises des Leuci et des Senones (Le clert, Catalogue de monnaies .gaul.9 n°" 158, 301, et p. 24).

Ce lieu était habité dès 1208.

 

Anciennes circonscriptions civiles.

En 1789, le Mesnil-Saint-Loup dépendait de l'intendance et de la généralité de Châlons, élection de Troyes, et du bail­liage de Troyes, en la châtellenie de Villemaur. - II y avait en 1787, 216 hab. (Aube, C 1553) ; 200 en 1790 (vernier, Cahiers de doléances, II, 293). - Vers 1290 on y comptait environ 50 feux (LONCNON, Docu­ments, II, 192). - Pendant la période intermédiaire, la commune a fait partie du canton de Prunay, de janvier à novembre 1790, puis du canton de Villadin, jus­qu'en l'an IX. On l'appelait alors Mesnil-Haut.

 

Paroisse.

Le Mesnil était une cure du diocèse de Troyes, doyenné de Villemaur, à la présentation du Grand Prieur de France. Le curé était décimateur, au 21e compte. C'était sans doute par abandon du pa­tron de la paroisse, car en 1594 les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem donnaient encore les dîmes à bail (Aube, 31 H 9). - En 1761, la cure avait un revenu de 900 livres. (Evêché troyes, Pouillé de 1761 p. 157).

 

L'église, sous le vocable de Saint Loup de Sens, date du XII em Ss. Son plan est rectangulaire, sauf la saillie de l'abside. Celle-ci est semi-circulaire ; au­trefois elle était voûtée en cul de four ; aujourd'hui elle est plafonnée. Dans la nef, la charpente était apparente ; un plafond la couvre également (ARBOis, Répert. archéol. 85). [Ce qui précède doit s'entendre de l'ancienne église, la seule qu'ait connue M. d'Arbois, dont le Répert. archéol. parut en 1861, et qu'il y aurait lieu de compléter par l'intéressante étude de M. Duhem, Les églises disparues du département de l'Aube (Mém. Soc. acad. Aube, 1933-34, pp. 33-35). Il n'en subsiste que le sanctuaire. Menaçant ruine et trop exiguë pour les besoins d'une paroisse que son curé, M. André - devenu peu après le P. Emma­nuel -, homme d'une extraordinaire activité pasto­rale, avait complètement transformée, elle fut rem­placée par un nouvel édifice, commencé en 1864, sur les plans de M. Roussel, architecte à Troyes. Achevée dans son gros œuvre dès 1866, cette église fut bénie le 10 juin ; mais les travaux d'aménagement durèrent jusqu'en 1899. On y voit, aux parois du chœur, des peintures du maître Henri Charlier. C'est le lieu d'un pèlerinage très fréquenté de toute la région à N.-D.-de la Sainte-Espérance. - Note de l'éditeur].

 

Seigneurie.

La seigneurie appartenait jadis aux Templiers, et dès 1162, si l'on en croit Courtalon (Topogr. hist., III, 162), qui répète ce que Chèvre de la Charmotte avait écrit (Evêché troyes, ms. Chèvre de la Chamotte, p. 495). Mannier dit aussi que les Templiers y avaient des biens dès le xne s. (Commanderies Grand Prieuré de Fr. 323). En 1208, Raoul Britaud et sa femme Marguerite donnèrent aux Templiers du Mesnil-Saint-Loup tout ce qu'ils avaient au mou­lin du vicomte à Provins ; ils leur vendirent tout ce qu'ils avaient au dit lieu du Mesnil, en la rue dite « Pute Aoite », pour 360 livres de provinois (Carrière, Hist. et cartul. Templiers Provins, n° CV).

Un plan, de 1774, indique, auprès de l'église, une pièce de terre dite le Cloître (Yonne, H 2221 bis, p. 51). On y a trouvé des substructions. C'est vraisemblable ment l'emplacement de l'ancienne maison des Tem­pliers, qui fut détruite au commencement du XVe s. et qui ne semble pas avoir été rétablie (mannier, op. cit., 323).

Cette seigneurie dépendait de la commanderie de Coulours. Le plan de 1774 lui donne une superficie de 2.516 arp. 37 cordes et 11 pieds. - Quelques droits ont appartenu à des laïcs. Vers 1368, Nicaise de Lailly, seigneur de la Motte d'Oiselet près de Villemaur, avait au dit lieu d'Oiselet des terrages dont une partie appartenait « aux escuiers du Mesnil Saint Loup » (Aube, E 152 provis., f° 74 v°).

En 1789, Marie-Nicole de Lescey, veuve de François, comte de Val, se qualifiait dame du Mesnil-Saint-Loup (boutiot, Noblesse baill. Troyes aux Etats généraux, 1789, p. 19). Elle était peut-être locataire : en 1783, le domaine des Hospitaliers était loué pour 1.400 livres. (Mannier, op. et loco cit.).

 

Industrie.

En 1787, il y avait au Mesnil-Saint-Loup six tisserands et trois bonnetiers ; la plus grande partie des femmes et des filles était occupée à la filature du coton (AUBE, G 1553).

 

Maître d'école.

Outre le logement, il recevait de chaque laboureur 2 boisseaux, moitié froment et moi­tié seigle, et de chaque manouvrier un boisseau (Vernier, Cahiers de doléances, II, 293).

 

 

***Texte tiré du livre  de H. d'Arbois de Jubainville dans son Répertoire archéologique du département de l'Aube***

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Vue aérienne de Mesnil Saint Loup (2005)
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