MESNIL ST LOUP,
canton de Marcilly le Hayer – au territoire : le cloître, le cortin d’riole, la Haute Borne, les Hôpitaux, Opterre.-Cadastre de 1831.
Les Templiers au Mesnil, vers 1128, Les Templiers ayant reçu leur règle de la main de Saint Bernard au concile de Troyes, vinrent fonder une maison de leur ordre au sommet d’un plateau alors couvert de forêts et ils nommèrent leur établissement : Mesnillum Sancti Lupi, d’où le nom de Mesnil Saint Loup (on écrivait jadis Mesnillum, Mainillum ou Mesnile, en français Maisnil, Maigny, Mesnil .Le mot latin désignait une ferme ou maison d’habitation.)
Après 1187, l’ordre du Temple prend un développement considérable et devient dans la Champagne Méridionale, le plus riche, le plus répandu de tous les ordres religieux. Ils exploitaient les minerais de fer des régions des maisons de Mesnil Saint Loup des grès verts entre Vendeuvre et Piney.
Maison de Mesnil Saint Loup, maison considérable dont l’emplacement couvert de débris de constructions a conservé le nom de Cloitre et est encore circonscrit de chemins. Cet emplacement est depuis longtemps livré à la culture. Les Templiers, dès 1162 se retrouvèrent au Mesnil. La seigneurie du Mesnil passa à la commanderie de Coulours après 1314.
Tiré de « Les Templiers et leurs établissements dans la Champagne Méridionale »(réf 106029 page 20 et introduction)
Mais d’où vient le vocable de Saint Loup, archevêque de Sens ? Question difficile à résoudre : toutefois on peut conjecturer que Hugues de Pains, fondateur des Templiers, ayant son fils Thibault moine à Sainte-Colombe de Sens, eut par lui une relique de Saint Loup, en l’honneur duquel les Templiers construisirent l’église de leur communauté (Le corps de Saint Loup, archevêque de sens, était gardé par les bénédictins de Sainte Colombe. Thibault de pahenz (ou pains) devint abbé de Sainte Colombe en 1139 et mourut en 1148. Plusieurs églises importantes de le région sont sous le vocable de Saint Loup.)
Antiquités et origine : On a trouvé au finage quelques monnaies gauloises des Leuci et des Senones.
En 1208, la paroisse est composée d’environ 50 feux. Saint Loup, archevêque de Sens, 1er septembre, est le patron titulaire de l’église, qui solennise l’anniversaire d’une dédicace propre le 25 octobre de chaque année. »
Anciennes circonscriptions civiles : Vers 1290 on comptait environ 50 feux. En 1789, le Mesnil St Loup dépendait de l’intendance et de la généralité de Chalons, élection de Troyes, et du bailliage de Troyes, en la châtellenie de Villemaur.-Il y avait en 1787, 216 habitants (31 laboureurs et 16 manoeuviers), 200 en 1790. Pendant la période intermédiaire, la commune a fait partie du canton de Villadin, jusqu’en l’an IX. On l’appelait alors Mesnil haut.
Le village s’étend au sud de l’église, distribué en pente de l’ouest à l’est, figurant un rectangle assez régulier. Ce rectangle est dessiné et sillonné par des rues, bordées de maisons qui ont chacune leur jardin attenant. Au centre se trouve une sorte de terrasse, nommée le Terreau.
Paroisse : Le Mesnil était une cure du diocèse de Troyes, doyenné de Villemaur, à la présentation du Grand Prieur de France. Le curé était décimateur, au 21ème compte. C’était sans doute par abandon du patron de la paroisse, car en 1594 les Hospitaliers de Saint jean de Jérusalem donnaient encore les dîmes à bail.(Aube, 31 H 9).
En 1761, la cure avait un revenu de 900 l. (Evéché de Troyes, pouillé de 1761, p.157).L’église, sous le vocable de saint loup de Sens, date du XIIème siècle.
Son plan est rectangulaire, sauf la saillie de l’abside. Celle-ci est semi-circulaire ; autrefois elle était voûtée en cul de four ; aujourd’hui elle est plafonnée. Dans la nef, la charpente était apparente ; un plafond la couvre également (Arbois répert archéol 85) (ce qui précède doit s’entendre de l’ancienne église, la seule qu’ait connue M. d’arbois, dont le répert archéol parut en 1861, et qu’il y aurait lieu de compléter par l’intéressante étude de M. Duhem, Les églises disparues du département de l’Aube(mémoire sociale de l’académie de l’aube, 1933-34, p34-35)).
Il n’en subsiste que le sanctuaire. Menaçant ruine et trop exiguë pour les besoins d’une paroisse que son curé, M. André-devenu peu après le Père Emmanuel-homme d’une extraordinaire activité pastorale, avait complètement transformée, elle fut remplacée par un nouvel édifice, commencé en 1864, sur les plans de M. Roussel, architecte à Troyes. Achevée dans son gros œuvre dès 1866, cette église fut bénie le 10 juin 1866 ; mais les travaux d’aménagement durèrent jusqu’en 1899. On y voit, aux parois du chœur, des peintures du maître Henri Charlier. C’est le lieu d’un pèlerinage très fréquenté de toute la région à Notre Dame de la Sainte Espérance.
Seigneurie : La seigneurie appartenait jadis aux Templiers, et dès 1162, si l’on en croit Courtalon (topographie historique III,162), qui répète ce que Chèvre de la Charmotte avait écrit (évéché troyes, MS Chèvre de la marmotte, p495), Mannier dit aussi que les Templiers y avaient des biens dès le XIIème siècle (commanderie Grand prieuré de France 323).
En 1208, Raoul Britaud et sa femme Marguerite donnèrent aux Templiers du Mesnil st loup tout ce qu’ils avaient au moulin du Vicomte à Provins ; ils leur vendirent tout ce qu’ils avaient au dit lieu du Mesnil, en la rue dite « Pute Aoite » pour 360 l de provinois (carrière, hist et cartul Templiers Provins, numéro CV).
Un plan, de 1774, indique auprès de l’église, une pièce de terre dite le cloître. (Yonne, H2221 bis, p51) On y a trouvé des substructions. C’est vraisemblablement l’emplacement de l’ancienne maison des Templiers, qui fut détruite au commencement du XV ème siècle
et qui ne semble pas avoir été rétablie (Mannier, cit, 323). Cette seigneurie dépendait de la commanderie de Coulours. Le plan de 1774 lui donne une superficie de 2.516 arp 37 cordes et 11 pieds. Quelques droits ont appartenu à des laïcs.
Vers 1368, Nicaise de Lailly, seigneur de la Motte d’Oiselet près de Villemaur, avait au dit lieu d’Oiselet des terrages dont une partie appartenait « aux écuyers du Mesnil Saint Loup » (aube, E 152 provis f74 v). En 1789, Marie Nicole de Lescey, veuve de François, comte de Val, se qualifiait dame du Mesnil Saint loup (Boutiot, noblesse baill troyes aux états généraux, 1789, p19). Elle était peut-être locataire : en 1783, le domaine des Hospitaliers était loué pour 1400 l.. (Mannier, op et loco cit)
« Les Templiers subsistèrent au Mesnil jusqu’à l’extinction de leur ordre (1312), et y furent remplacés par les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, dits plus tard religieux de Malte. Ceux ci conservèrent la seigneurie du Mesnil jusqu’à la Révolution française et eurent toujours la nomination du curé (qui était tantot un profès ou novice de l’ordre de Malte, tantot un prêtre séculier désigné par le grand prieur de France). Le terrain qu’ils habitaient s’appelle encore aujourd’hui ; le Cloitre. La maison de Mesnil Saint Loup relevait de la commanderie de Coulours dans l’Yonne.
Le Cloître : Il est, près de l’église, au nord, une pièce de terre du domaine de la cure, qu’on appelle encore Le Cloitre, et où l’on a vu des vestiges de bâtiments. Rien n’empêche de penser qu’une petite communauté de prêtres de l’ordre des Templiers ou de Saint Jean, auroit autrefois desservi cette église et y auroit eu une habitation avec des lieux réguliers.
Une petite porte murée depuis longtemps, donnant dans l’église du côté du cloitre me paraît appuyer cette conjecture. Un plan de 1774 montre autour de l’église une pièce de terre appelé le cloître
On y trouve des substructions, emplacement de l'ancienne maison des templiers, détruite au commencement du quinzième siècle. Superficie :2.516 arpents 37 cordes et 11 pieds.
(NB : 1 arpent de Troyes=180 perches de 20 pieds=72 ares 95 centiares.1arpent eau et forêt=1/2 hectare.1 arpent de Paris=1/3 d’hectare)
REF : commanderie grands prieurs de France page 323et Yonne H2221 bis page 51 et dictionnaire historique de la Champagne Méridionale Tome 2 ref 34379 page 898 .
C’est aux Templiers qu’est due la construction de l’église du pays, dont l’abside en cul de four, toujours subsistante, porte, en quelques sculptures grossières des traces de son origine moyenâgeuse. Elle consistait en une simple nef ; il n’y avait pas de clocher. L’unique cloche était posée dans les combles de l’édifice à sa partie antérieure. Elle se trouvait légèrement enterrée dans le sol. « Je n’ai rien à relever dans l’église de ce lieu que sa simplicité et sa pauvreté même, disait une relation du XVIIIème siècle. » L’église n’avait pas changé sous ce rapport au XIXème siècle, quand fut nommé curé M. l’abbé André. Le cloître était un plan cadastre et est devenue aujourd’hui le monastère. L’ancienne église renfermait des restes mortels de quelques templiers, et que naguère on y voyait encore des tombes.
Annecdote : Le 29 octobre 1659, à la requête de Jean Laliat, procureur fiscal, condamne à l’amende et aux despens avec deffence de récidiver, un particulier de Dierré-Saint-Père et sa famille, pour avoir en ce jour faucillé et conduit chez luy une voiture de sarrazin, provenante d’une pièce de terre à luy appartenante sur le terroir du Mesnil.(la raison de cette condamnation c’est que la dédicace était fête d’obligation pour le Mesnil et pour tout son territoire.)
Au centre du village se trouve une sorte de terrasse, nommée le terreau, ombragée de beaux arbres, parmi lesquels un très vieux tilleul qu’on dit avoir été planté sous Henri IV par les ordres de Sully vers 1600-1620.
Non loin de l’église, vers le nord, dans la région appelée le Cloitre, se dressait encore, au commencement du siècle dernier, une vieille tour, reste du château de Mesnil Saint Loup ; car Mesnil Saint Loup avait un château appartenant aux chevaliers, auquel se rattache un fait historique vraiment curieux. C’est là que Cinq-Mars et de Thou se donnèrent rendez vous pour dresser leur complot contre le cardinal de Richelieu. L’endroit était assez solitaire, assez perdu, pour servir d’asile à des conspirateurs.
Industrie : En 1787, il y avait au Mesnil Saint Loup six tisserands et trois bonnetiers, la plus grande partie des femmes et des filles étaient occupée à la filature du coton.(aube, c 1553)
Le maître d'école, outre le logement, recevait de chaque laboureur 2 boisseaux, moitié froment et moitié seigle, et de chaque manœuvrier un boisseau. (Vernier, cahiers de doléances, II, 293)
***Texte tiré de la vie du père Emmanuel par Dom Maréchaux***
Mesnil-Saint -Loup
